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[PAROLES D’AUTEUR] Jasmine Bourrel : les premiers pas d’une jeune illustratrice

collage_jasmineJasmine Bourrel a travaillé sur le texte de Virginia Woolf, Un dé en or . C’est une toute jeune illustratrice,
mais qui témoigne d’un professionnalisme et d’une sensibilité qui, conjugués à son talent, vont lui permettre, on n’en doute pas, de poursuivre la voie qu’elle s’est choisie avec beaucoup de détermination. Elle nous en dévoile plus dans cet entretien.

En quelques mots, pourriez-vous vous présenter, et esquisser votre parcours :

Après un baccalauréat littéraire, je me suis orientée pendant un an dans une préparation aux matières des arts appliqués à Angoulême. J’ai beaucoup aimé cette ville qui me semblait tout imprégnée par l’univers de la bande dessinée. Durant cette année, j’ai beaucoup dessiné, j’emportais toujours avec moi un carnet de croquis, je dessinais les gens dans les gares, les rues, les restaurants. Je prenais beaucoup de plaisir à retranscrire des ambiances dans les lieux où je me trouvais, ou à dessiner l’expression de quelqu’un qui m’avait marquée.

Par la suite, j’ai préparé un BTS Communication Visuelle à Toulouse où j’ai étudié la typographie et le graphisme. Après avoir obtenu mon diplôme en 2011, j’ai suivi une formation d’un an aux Beaux-Arts dans la même ville pour travailler en particulier sur des projets d’illustrations. Cette année, j’ai décidé de travailler à mon compte spécifiquement dans l’illustration de livres pour enfants.

Vous avez travaillé sur le texte de Virginia Woolf, pour lequel vous avez réalisé les illustrations. Pouvez-vous nous expliquer de quelle façon vous avez abordé ce projet, et quelle est votre méthode de travail ? 

Quand j’ai lu le texte de Virginia Woolf, j’ai été fascinée par la manière dont l’auteur nous amène du réel à l’imaginaire. Plus on avance dans le texte, plus l’univers qu’elle met en scène s’anime de personnages et s’agrandit. C’est un peu comme un enfant qui se met à jouer avec des poupées inanimées et qui invente un lieu dans lequel vivent tout ses personnages. À partir de ces premières impressions, j’ai travaillé mes idées dans mes carnets de croquis. Je notais et dessinais tout ce qui me venait à l’esprit. C’est au fil du trait que me viennent des idées de cadrages, de personnages. En parallèle, j’effectue certaines recherches sur des documents qui peuvent m’intéresser : de vieilles photographies, des costumes d’époque, la pose d’un personnage. Cela me permet de m’imprégner d’un univers et par la suite de laisser libre cours à mon imagination. 

OrIpad

Quel est votre sentiment sur ce texte jeunesse, est-ce qu’il vous a inspirée, comment êtes-vous entrée dans l’univers de Virginia Woolf avec un texte aussi court ? Comment se sont faits vos choix artistiques par rapport à la sélection des couleurs et à la représentation des éléments du texte, pour les faire entrer en résonnance avec votre propre style ?

Il y a quelque chose de poétique et de jubilatoire dans ce texte qui m’a beaucoup attirée. 

L’enfant peut interpréter de plusieurs manières le texte de Virginia Woolf. C’est ce qui m’attire dans un texte jeunesse, cette liberté qu’il peut nous offrir de nous plonger dans un autre monde avec notre propre sensibilité. Le texte laisse aussi ouverte cette possibilité de faire entrer le merveilleux à tout moment sans savoir s’il s’agit vraiment d’un rêve ou non, je trouve cela fascinant. 

L’univers de Virginia Woolf contenait pour moi toute une palette de couleurs flamboyantes, le bleu de l’herbe et des palmiers venait se mêler aux couleurs chaudes, ocre, orange des animaux. La forêt est pour moi, un lieu d’exploration, une aire de jeux aussi où la liberté des animaux s’affirme. Je voyais une forêt tropicale que l’on pouvait observer presque comme une carte au trésor. On y découvre des animaux, des plantes étranges. Quand je dessine, je me dis : qu’est-ce qu’il me plairait beaucoup d’observer dans une forêt ou quel personnage j’aimerais bien rencontrer ? 

Qu’est-ce qui vous passionne tant dans la littérature jeunesse, et pourquoi ce choix de devenir illustratrice jeunesse ? 

La littérature pour enfant est de mon point de vue un outil fondamental dans la construction de l’enfant, mais aussi dans la vie de l’adulte. Les histoires qui y sont racontées parlent de nos rapports à l’autre et au monde et véhiculent des valeurs essentielles : l’amour entre les individus, nos rêves à préserver, nos joies, nos petits secrets, le bonheur de vivre. Les histoires transforment notre manière de regarder le monde comme l’illustration permet de donner vie à des univers et d’observer le monde avec humour et tendresse. C’est ce que j’aime dans l’illustration, cette possibilité d’inventer une multitude de mondes possibles, de personnages drôles et étranges. Mais il n’y a pas de frontière entre le réel et l’imaginaire, un personnage peut naître d’une personne que l’on a croisée sur son chemin, ou un petit chien a l’allure comique peut devenir le sujet principal d’une histoire. L’illustration jeunesse est une autre manière d’exprimer nos rêves et notre regard sur le monde.

Cliquez sur la couverture pour en savoir plus

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