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Max Dufour : comme chacun sait, les fantômes n’existent pas !

collage_dufourAvec cette belle histoire de fantôme, de « Dame Blanche » assortie d’une enquête policière menée avec beaucoup d’humour par Francis, un héros très sympathique un peu malmené par des sentiments et des péripéties qui le dépassent, Max Dufour nous entraîne entre deux mondes, celui des vivants et des morts. Une intrigue qu’on ne lâche pas avant la toute fin, Kay ayant autant d’emprise sur Francis que sur le lecteur.

Avez-vous une prédilection, une sympathie particulière, une curiosité spéciale pour les fantômes ?

Oui, je suis très attiré par ce monde parallèle alors même que je suis un peu comme St Thomas qui ne croit que ce qu’il voit, et justement, j’ai vu des choses que je ne m’explique toujours pas… et que j’hésite même à raconter… En plus, personne ne peut contredire ce qui se passe dans mes histoires, puisse que comme chacun sait, les fantômes n’existent pas !

Kay est un personnage qui fait le lien entre les deux mondes, elle est à la fois absente et présente, et pourtant elle occupe la première place du roman. Comment est-elle née dans votre imagination, comment a-t-elle pris « corps », si on peut dire, et quelles ont été vos influences (littéraires ou autres) qui ont permis à Kay d’exister ?

Kay arrive en droite ligne d’une histoire réputée « vraie » qui se serait déroulée il y a plusieurs années et qui m’a fasciné.

Il s’agit d’un dramatique accident ayant fait 4 morts, la police a trouvé dans le véhicule une caméra, les images filmées démontraient qu’une jeune femme se trouvait à bord avec les 4 passagers lors du crash. La police ne trouvant pas le corps sur les lieux, il y a eu enquête et cette jeune femme aurait par la suite été reconnue comme décédée à la même place quelques années plus tôt. J’ai appris par la suite qu’il s’agissait probablement d’un canular…

Francis, quant à lui, le personnage principal du roman, bien vivant au demeurant, manie l’humour et la dérision avec une grande aisance. Il a aussi un côté sentimental qu’il tente de masquer sous les plaisanteries. Quelle est la part de vous-même que vous avez glissée dans ce personnage ? 

Tout ! Je ne prends pas la vie trop au sérieux, car elle serait trop dure… je crois fermement que le rire permet de tout accepter et que rien n’est jamais aussi tragique qu’il y paraît. D’autre part, mon côté sentimental est effectivement dissimulé derrière une façade de rigolade, ceci pour ne pas être blessé, je suis très, trop sensible, et il est facile de me blesser.

Vous parvenez à nous conter une histoire dramatique tout en allégeant la tension en parsemant notre lecture de moments pendant lesquels on peut se laisser aller à rire. Cela vous paraît-il important d’équilibrer de la sorte drame et humour ? Est-ce que c’est un exercice de style ou une ligne de conduite personnelle ?

C’est ma ligne de conduite personnelle, il est pour moi très important de dédramatiser les situations tendues de façon à conserver l’intérêt du lecteur sans risquer de le blesser dans ses propres valeurs ou croyances. J’ai déjà vu quelqu’un ne pas pouvoir finir un livre, car blessé profondément par la description d’une scène déjà vécue… En même temps cela permet de conserver une certaine distance avec les évènements donc d’avoir une vue d’ensemble permanente dans le but de résoudre le ou les problèmes.

Avez-vous d’autres fantômes dans vos tiroirs, pour nous proposer d’autres histoires aussi ensorcelantes que celle-ci ?

Oui, j’ai présentement en chantier une autre histoire de revenant qui aura pour toile de fond les monts d’Auvergne, qui mettra en scène un chien, un ex-policier de la brigade des mœurs et… un emmerdeur d’une autre époque ! Quant à vous dire si elle sera ensorcelante… seul le lecteur pourra le dire ! Mais il semble bien qu’il y ait de l’espoir… Ainsi que quelques autres à l’état d’ébauche, mais je n’affirme jamais qu’un livre sera fini tant que je n’y inscris pas le mot « fin »…

Propos recueillis par Anita Berchenko

 

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