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Sandra Mézière : une belle histoire d’amour comme on aime à en rêver

Sandra Mézière est l'auteure de Le Brasier dans la coll. Roman de filleAvec ce roman dans lequel on suit les pas de Daphné, jeune femme dont la fadeur de façade cache une bouillonnante personnalité, on est pris, au même titre que les personnages, au charme des îles paradisiaques des Cyclades. La passion dévastatrice qui va se déchainer sur Daphné nous ensorcelle au fil des phrases. 

Sandra Mézière signe là une belle histoire d’amour comme on aime à en rêver.

On commence souvent nos entretiens avec les auteurs par une petite présentation, pouvez-vous nous dévoiler quel est votre rapport à l’écriture, votre univers, vos influences ?

L’écriture est pour moi une passion viscérale. Une journée sans écrire est incomplète, imparfaite, voire vaine. Oui, mon rapport à l’écriture est vraiment passionné, même passionnel, en tout cas certainement pas tiède. J’écris d’ailleurs énormément : des nouvelles, des scénarii et, quoiqu’il arrive, quotidiennement sur mes 7 blogs (depuis plus de 9 ans pour le plus ancien d’entre eux) qui parlent essentiellement de cinéma, mais pas seulement.

 L’écriture a changé beaucoup de choses dans ma vie aussi. C’est grâce à des concours d’écriture que j’ai changé de voie, des concours que j’avais remportés m’ayant permis d’être une dizaine de fois membre de jurys dans des festivals de cinéma, des expériences qui d’ailleurs furent bien souvent plus irréelles que d’invraisemblables fictions et qui ont exacerbé mon autre passion, pour le cinéma. Après des études de sciences politiques et de droit, certes passionnantes, j’ai donc entrepris des études de cinéma et médiation culturelle pour pouvoir vivre pleinement de mes passions.

Cette passion pour l’écriture est indissociable de ma passion pour la littérature dans laquelle je me réfugiais très jeune, déjà. J’ai lu et même dévoré les classiques très tôt (Balzac, Hugo, Stendhal…), dès l’école primaire, et, aujourd’hui, encore, il m’est plus facile de (re) lire des classiques que des contemporains.

Parler d’influences serait évidemment présomptueux ou prétentieux, mais mes références de lectrice lorgnent du côté de Balzac, Stendhal, Zweig, Fitzgerald, Sagan…

Illusions perdues, Le Lys dans la vallée, Martin Eden, Belle du Seigneur, Gatsby le magnifique, Bonjour tristesse sont mes romans préférés et si je dois parler d’influences, je ne me mesurerai (évidemment !) pas à eux, en revanche, ils ont en commun des personnages souvent passionnés, mélancoliques, confrontés à la cruauté et l’iniquité de l’existence, des thématiques qui se retrouvent dans mes différents textes.

Il est difficile de définir son propre univers. J’écris beaucoup de nouvelles, j’ai d’ailleurs remporté quelques concours. J’écris également des scénarii. L’écriture destinée au numérique, il me semble, doit finalement réunir les qualités de l’un et de l’autre et c’est pour cela que j’aime particulièrement ce genre et que cette publication chez Numeriklivres me réjouit tout particulièrement. Outre la mélancolie, je dirais que des thèmes comme la vengeance et la passion m’intéressent beaucoup, aussi parce qu’ils peuvent se retrouver dans divers genres littéraires et que je n’aimerais pas me cantonner à un seul.

Le brasier, c’est une très belle romance, bien loin d’être « à l’eau de rose ». Les histoires d’amour, est-ce votre genre de prédilection ?

Cela me fait plaisir que vous me disiez cela. Je ne sais pas si les histoires d’amour sont mon genre de prédilection, en tout cas, il est vrai, surtout pas les histoires à l’eau de rose ! Les histoires que j’écris sont en général assez mélancoliques, cruelles parfois même, mais, en revanche, jamais cyniques, je l’espère, et sans aucun doute pas à l’eau de rose… et de toutes celles que j’ai écrites « Le Brasier » est néanmoins celle qui l’est encore le plus ! Si je devais définir mon genre de prédilection, en tout cas ce que j’aime écrire, je dirais des histoires à la fois romantiques, cruelles et/ou mélancoliques.

Qu’ils soient secondaires ou principaux, les personnages de votre roman sont extrêmement bien brossés. Ils sont, au fil de l’histoire, renvoyés chacun à leurs démons intérieurs, et évoluent dans leurs rapports aux autres. Est-ce que cette capacité à changer, à devenir meilleur, est quelque chose qui vous parait particulièrement important ?

Les romans que j’aime sont en effet ceux qui décrivent des personnages qui ne sont pas manichéens et je pense d’ailleurs qu’il n’existe (presque) pas de personnes foncièrement mauvaises ou foncièrement bonnes et que, dans un livre, plus un personnage est complexe (avec ses failles et ses qualités) plus il est intéressant… tout comme dans la vie.

Le privilège de l’âge et de la littérature est, il me semble, de nous permettre d’évoluer en effet.

Je ne crois en revanche pas que les personnages du « Brasier » deviennent meilleurs, mais plutôt qu’ils laissent libre cours aux démons dont vous parlez très justement et à leurs passions, parfois dévastatrices.

On ne dévoilera rien de l’histoire pour ne pas frustrer vos lecteurs, mais il y a incontestablement une certaine immoralité dans la voie choisie par Daphné, l’héroïne, pour se libérer du carcan qui l’étouffe. Quelle signification mettez-vous dans cette opposition entre la sage image de Daphné et ses actes ? 

Vous me posiez la question des références et je réalise que mon influence pour « Le Brasier » est plus cinématographique que littéraire – mais, rien d’étonnant à cela, puisque c’est un de mes scénarii, éponyme, que j’ai adapté –. Cela me fait songer à un film que j’aime énormément, justement pour son immoralité, « Match point » de Woody Allen. Je ne sais d’ailleurs pas si le dénouement du « Brasier » est immoral, mais amoral certainement.

Si le titre est « le Brasier », ce n’est bien sûr pas anodin. Évidemment, il y a un lien avec le dénouement, avec la passion aussi, mais cela exprime également l’idée de quelque chose de double, à la fois fascinant et dangereux, à l’image d’un personnage que rencontrera Daphné, et finalement d’elle-même.

 Dans la vie comme dans la littérature, ce qui m’intéresse, c’est d’aller derrière les apparences dont on a bien raison de dire communément qu’elles sont souvent trompeuses.

Et pour finir, qu’avez-vous envie de livrer à vos lecteurs pour les inciter à venir à la rencontre de Daphné ?

J’ai envie de leur dire que ce roman les emmènera en voyage, en Grèce, mais aussi dans les tourments de l’âme, de la passion et bien sûr dans ce pays que j’aime éperdument qui, comme le Brasier, est fascinant, mais peut se révéler dangereux (ce qui participe d’ailleurs de la fascination exercée).

J’espère, avec Daphné, les faire voyager, vibrer, rêver, trembler, les embarquer dans un ailleurs qui leur parlera peut-être aussi d’eux-mêmes, leur faire franchir des interdits comme seules l’écriture et la lecture le permettent.

Et quels sont vos projets d’écriture après cette première publication ?

Le projet qui me tient le plus à cœur (déjà écrit) est un recueil de 13 nouvelles sur le cinéma inspiré de mes 19 ans de pérégrinations dans les festivals de cinéma et de mes 14 expériences de jurée dont je vous parlais. Treize histoires de passions cinématographiques et amoureuses à la fois romantiques et cruelles (on y revient !) qui se déroulent dans les plus grands festivals de cinéma que j’ai fréquentés (Cannes, Deauville, etc.) ou dans le cadre d’évènements que je connais bien comme les Césars. Treize histoires qui sont autant de déclarations d’amour au cinéma dans un théâtre des vanités où se croisent des êtres éperdus d’absolu et des êtres éperdument cyniques, des êtres idéalistes et des êtres désabusés. Je n’ignore pas cependant que, aujourd’hui, la nouvelle est un genre (malheureusement) peu lu.

Tout comme « Le Brasier », j’ai également un autre scénario que j’ai adapté en roman qui se déroule dans le milieu du cinéma qui parle d’amour, de vengeance, d’orgueil… et qui est, aussi, mélancolique et particulièrement cruel !

Enfin, en ce moment, j’écris deux textes, une autre histoire machiavélique de vengeance (décidément !) qui se déroule dans une petite ville de province et qui a également une histoire d’amour pour toile de fond et une histoire sur un autre sujet qui me passionne, la Résistance, mais pour laquelle je prendrai plus de temps, car elle nécessite un travail de recherche pour traiter ce sujet comme il se doit. Et une quantité d’autres idées de nouvelles et romans que je me délecte d’avance d’écrire et, je l’espère, de faire partager aux lecteurs de Numeriklivres !

Propos recueillis par Anita Berchenko

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6 réflexions sur “Sandra Mézière : une belle histoire d’amour comme on aime à en rêver

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